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dimanche 21 juin 2026

RDC : Le sénateur Tshisekedi Kabasele Jean accuse la CENCO de posture clivante dans le débat constitutionnel




Pour l’élu du Kasaï-Central, l’Église catholique a « manqué l’occasion » d’apaiser le pays. Il appelle le peuple à trancher, rappelant que la RDC est un État laïque.


Le débat sur la révision ou le changement de la Constitution prend un nouveau tournant. Dans une tribune rendue publique ce samedi 21 juin 2026, le sénateur Tshisekedi Kabasele Jean, élu du Kasaï-Central, adresse une charge frontale contre la Conférence Épiscopale Nationale du Congo, CENCO.  


Il lui reproche d’avoir manqué l’occasion d’apporter une lecture équilibrée et rassembleuse et dénonce une posture clivante au moment où le pays a besoin d’apaisement.


Pour le sénateur Tshisekedi Kabasele Jean, la sortie récente de la CENCO contre les réformes constitutionnelles n’est pas anodine. « Cette prise de position n’est pas une surprise. Elle s’inscrit dans leurs démarches obscures contre la République », écrit-il.  


Il rappelle qu’il y a quelques mois, cette structure, par le truchement de son secrétaire, s’était affichée aux côtés de ceux qui ont choisi la confrontation contre l’État. Aujourd’hui, selon lui, son discours donne le sentiment de rejoindre ceux qui veulent fragiliser la République au lieu d’accompagner les aspirations du peuple.


Le sénateur va plus loin en liant la position actuelle de la CENCO à des acteurs politiques précis. « Je considère que cette structure s’aligne désormais derrière ses nouveaux maîtres, notamment Joseph Kabila et ceux qui ont choisi la voie des armes contre les intérêts de la nation », affirme-t-il.  


Des accusations graves que la CENCO n’a pas encore commentées. De son côté, l’institution épiscopale justifie son opposition à la révision constitutionnelle par la nécessité de préserver la paix, la stabilité et les acquis démocratiques de la Constitution de 2006. Mgr Félicien Ntambue, Archevêque de Kananga, a d’ailleurs pris part à la déclaration de la CENCO.


Face à l’influence de l’Église catholique dans le débat public, le sénateur Tshisekedi Kabasele Jean brandit le principe de souveraineté populaire et de laïcité de l’État.  


« Mais le peuple congolais sait faire la différence : la CENCO n’est ni Dieu ni le peuple. Elle n’a pas le monopole de la vérité et ne peut se substituer à la volonté populaire. La RDC est un État laïque, et aucun avis, aucune structure, aussi influente soit-elle, ne pourra arrêter la marche de la République. La réalité du peuple finira par trancher », conclut-il.




La sortie du sénateur intervient alors que le Kasaï-Central est au cœur des tensions. Le 21 juin 2026, des chrétiens catholiques, protestants et acteurs de la société civile de Kananga ont signé une déclaration pour soutenir « le changement total de la constitution ou sa révision », accusant leurs « Pères spirituels de politiser l’Église ».  


D’un côté la hiérarchie catholique via la CENCO, de l’autre une partie de la base chrétienne et certains élus qui réclament une réforme. Entre accusations de « politisation » et de « démarches obscures », le débat risque de s’enliser.  


La question posée par plusieurs observateurs reste entière : comment ramener la discussion sur le terrain du droit, de la Constitution et de la souveraineté du peuple, sans qu’elle ne vire à l’affrontement entre institutions religieuses et institutions politiques ?



Par Pierre Love MUKENDI 

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