Le débat sur la révision ou le changement de la Constitution divise jusqu’à la base chrétienne au Kasaï-Central. Alors que la CENCO et l’ECC ont récemment exprimé leur opposition médiatique à toute modification de la loi fondamentale, un groupe de chrétiens catholiques, protestants et de la société civile vient de prendre le contre-pied.
Dans une déclaration rendue publique ce samedi 21 juin 2026 à Kananga, ils affirment soutenir le changement total de la Constitution ou sa révision et demandent au Chef de l’État de promulguer la loi sur le référendum.
Le document s’ouvre sur la condamnation des « actes de sabotage » rapportés ce même matin dans plusieurs paroisses catholiques. Les signataires appellent à préserver les édifices religieux « que nous avons-nous-mêmes construit ».
Ils précisent d’emblée que leur prise de position n’engage ni l’Église catholique ni l’Église du Christ au Congo, ECC. « Ça engage plutôt nos Pères Ecclésiastiques qui n’ont pas eu à poser le problème à travers nos différentes Paroisses », écrivent-ils. Pour eux, la sortie médiatique des évêques et pasteurs les a « étonnés ».
Argument central de la déclaration : la liberté du chrétien face aux choix politiques. Les signataires rappellent à la CENCO et au comité de l’ECC que « lorsque nous présentons pour avoir nos cartes d’électeur ni moins voter nos représentants à travers l’organisation des élections par la CENI chaque Chrétien est libre devant sa conscience sans aucun dicta de votre part ».
Ils estiment que « vouloir aujourd’hui violer notre liberté étant chrétiens et surtout nos Églises ne font que perdre les chrétiens en fragilisant leur foi au nom d’intérêt non spirituels. Référence biblique à l’appui : N’est ce pas que la bible que vous nous prêchez nous demande de prier pour les autorités établies ?.
Contrairement à la position officielle de la CENCO et de l’ECC, les signataires « soutenons au contraire le changement total de la constitution ou sa révision ». Motif : « nous sommes aujourd’hui conscient que certaines dispositions fragilisent le bon fonctionnement d’un pays normal ».
Ils en appellent directement au Président de la République : « nous demandons au Chef de l’État de promulguer la loi sur le référendum et nous promettons de la voter sans intimidation et en toute liberté ».
En conclusion, le message est clair : les Pères spirituels doivent « rester dans l’Évangélisation de la parole du Seigneur » plutôt que « s’engager dans les histoires politiques ». Ils se disent « attentifs et déterminés à accompagner toute initiative tendant à la réforme constitutionnelle pour l’intérêt de tous les Congolais ».
La déclaration se termine sur cette interpellation : « QUE DIEU LUI-MÊME CONSEILLE NOS PERES SPIRITUELS A NE PAS POLITISER NOS EGLISE ».
Cette prise de position intervient alors que la CENCO et l’ECC multiplient les mises en garde contre tout projet de révision ou de changement constitutionnel, qu’elles jugent risqué pour la stabilité du pays. Elle révèle un clivage profond : d’un côté la hiérarchie ecclésiastique, de l’autre une frange de la base chrétienne associée à la société civile, qui réclame elle une réforme de la Constitution par voie référendaire.
Un nouveau front dans un débat national qui ne cesse de gagner les paroisses, les rues et maintenant les déclarations publiques au Kasaï-Central.
Par Pierre Love MUKENDI




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