Le phénomène prend de l’ampleur et inquiète. Dans toutes les rues de la ville et en des endroits stratégiques, des enfants sont visibles chaque jour, utilisés à des fins économiques pour subvenir aux besoins de leurs familles, selon un constat fait par http://Horizon7.net.
Du marché central aux carrefours, en passant par les parkings et les arrêts de bus, ils sont là. Âgés parfois de moins de 10 ans, ces enfants vendent de l’eau en sachet, des arachides, du pain, ou servent de porteurs pour les commerçants. D’autres sont contraints à la mendicité.
Le point commun : ils devraient être à l’école, mais la pauvreté des ménages les pousse dans la rue. « Je vends pour aider maman à acheter à manger pour mes petits frères », confie un garçon de 9 ans croisé sur l’avenue de la Mission.
Exposés aux intempéries, aux accidents, aux abus et à l’exploitation, ces enfants voient leur avenir compromis. Absentéisme scolaire, décrochage, risques sanitaires et enrôlement dans la délinquance : le cycle de la pauvreté se perpétue. Plusieurs acteurs de la société civile alertent sur une « bombe sociale à retardement » si rien n’est fait.
Face à cette situation, les autorités provinciales restent silencieuses, déplorent les observateurs. Aucune mesure concrète, aucune campagne de retrait des enfants de la rue, ni programme de soutien aux familles vulnérables n’a été annoncé ces derniers mois par l’exécutif ou l’Assemblée provinciale.
Pourtant, la RDC dispose d’une loi portant protection de l’enfant qui interdit l’exploitation économique des mineurs et impose l’obligation scolaire. Les instruments internationaux ratifiés par le pays prévoient aussi la protection contre toute forme de travail préjudiciable.
Les organisations de défense des droits de l’enfant appellent le gouvernement provincial, la division des Affaires sociales et les partenaires techniques à agir. Il faut, selon elles, identifier les enfants concernés, réinsérer les familles dans des programmes de résilience économique et renforcer les contrôles contre l’exploitation des mineurs.
« Laisser ces enfants dans la rue, c’est hypothéquer l’avenir du Kasaï-Central. La privation de l’école aujourd’hui, c’est la pauvreté assurée demain », alerte un acteur humanitaire local.
En attendant une réaction officielle, les enfants de Kananga continuent de troquer cahiers et stylos contre des plateaux de marchandises.
Pierre Love Mukendi



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