La guerre des cadres fait rage à l’UDPS et au sein de l’Union Sacrée. Dans une lettre au ton cinglant adressée à l’honorable André Mbata Mangu, l’ancien VPM de l’Intérieur Peter Kazadi Kankonde sort de sa réserve et règle ses comptes, sur fond de lutte d’influence au sommet du pouvoir.
Peter Kazadi s’étonne d’abord de la réaction d’André Mbata, qu’il juge hors sujet. « Votre propension à éluder la contradiction en invoquant votre qualité de professeur comme argument d’autorité est connue », tacle-t-il. Il revendique sa proximité historique avec le Chef de l’État : « Vous ne connaissez pas le Président Félix Tshisekedi mieux que moi, et vous n’avez pas partagé une fraction des épreuves que j’ai traversées à ses côtés ». Pour Kazadi, Mbata instrumentalise le nom du Président pour « justifier des positions qui vous sont propres ». Il rappelle : « Le Président Tshisekedi est, par essence, un démocrate. Il importe de cesser toute tentative de le présenter comme un dirigeant autoritaire ».
Au cœur de la passe d’armes : la présence de Kazadi au bureau de l’Union Sacrée. L’ancien VPM rappelle qu’il y siège « d’un droit légitime », en tant que responsable d’un regroupement de 14 députés. Il accuse Mbata d’ignorer ces règles par « animosité personnelle visant à marginaliser ce que vous percevez comme une concurrence interne ». Et de rassurer : « Avec ou sans fonction au bureau, Peter Kazadi Kankonde demeure un acteur politique et social pleinement engagé ».
Autre pomme de discorde : la désignation du candidat gouverneur. Kazadi dit n’avoir « jamais inscrit dans une logique de préférence individuelle ». Mais il déplore le « contournement de l’UDPS », qui aurait dû proposer son candidat à l’Union Sacrée. Il rappelle à Mbata son propre précédent : « Lors du remplacement du 2e Vice-Président du Sénat, vous aviez vous-même initié un appel à candidatures ». Question directe : « Pourquoi ce précédent n’a-t-il pas été suivi en l’espèce ? »
Sur le terrain académique, la réplique est tout aussi frontale. Kazadi relève une « inexactitude » : la qualité de « professeur extraordinaire » revendiquée par Mbata « ne correspond à aucune catégorie reconnue dans la nomenclature académique congolaise ». Il précise : Mbata est « Professeur ordinaire à la Faculté de droit, et Professeur visiteur en Afrique du Sud », où la distinction obéit à une autre logique. Conclusion : « Invoquer cette qualification dans notre contexte national relève de l’effet rhétorique ».
Peter Kazadi invite son collègue à « faire preuve de retenue dans l’usage de votre statut académique ». Il estime que « la science mérite mieux que d’être instrumentalisée dans des joutes politiques », pointant « des contradictions qui n’honorent ni la rigueur intellectuelle ni l’exigence d’intégrité attendues d’un universitaire ».
Pour asseoir sa légitimité, Kazadi rappelle son parcours : « 22 années d’expérience professionnelle au barreau et 36 années d’engagement politique constant ». Il dit écrire « non pas pour polémiquer, mais pour rétablir des vérités et défendre des principes », et appelle à « un débat fondé sur la rigueur, la loyauté et le respect des institutions ».
Cette sortie illustre la grogne qui couve à l’UDPS et dans l’Union Sacrée. Entre bataille de légitimité, contrôle des investitures et guerre d’ego entre cadres, le parti présidentiel donne l’image d’une famille politique minée par les rivalités internes. À moins de deux ans des élections locales et de la mi-mandat, ces divisions fragilisent la cohésion de la majorité autour de Félix Tshisekedi.
La réaction d’André Mbata Mangu est désormais attendue.
La Rédaction

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