Le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) est sous les projecteurs du Sénat. À travers une question écrite en dix points adressée au Directeur Général du FPI, le sénateur Jean Tshisekedi Kabasele exige des comptes sur l’efficacité et la transparence de cette institution censée être le poumon de l’industrialisation congolaise.
Le sénateur demande d’abord un état des lieux des financements accordés aux projets industriels à travers le pays. Il insiste sur ceux destinés aux initiatives locales et à la transformation des matières premières, un enjeu clé pour sortir de l’économie de rente..
"La représentation nationale doit savoir si l’argent du FPI arrive réellement aux projets porteurs", souligne-t-on dans l’entourage de l’élu.
Jean Tshisekedi Kabasele veut connaître par cette question écrite, les principales difficultés qui freinent le FPI dans sa mission de soutien au développement industriel. Il attend du DG des propositions concrètes pour y remédier. Les lenteurs administratives, le taux de décaissement et les arriérés de remboursement sont régulièrement cités par les opérateurs économiques.
Le sénateur interroge le FPI sur les dispositifs mis en place pour s’assurer que les ressources profitent effectivement aux entrepreneurs et aux projets à fort impact. Une préoccupation qui fait écho aux critiques récurrentes sur le clientélisme dans l’octroi des crédits.
Le Fond pour la Promotion Industrielle est aussi appelé à s’expliquer sur la répartition géographique de ses interventions, notamment: "Quelle part des financements va aux provinces ? Quelles dispositions pour un accès équilibré sur l’ensemble du territoire national?".
La question vise à corriger le déséquilibre entre Kinshasa et l’arrière-pays, où les Petites et Moyennes Entreprises, PME, industrielles peinent à accéder au crédit.
Cet élu des élus du Kasaï Central met l’accent sur la transformation locale des ressources naturelles. Il demande quelles initiatives le FPI développe pour réduire la dépendance du pays à l’exportation de matières premières brutes. Un défi majeur alors que la RDC exporte encore l’essentiel de son cobalt, cuivre et bois sans valeur ajoutée.
Les petites et moyennes entreprises sont au cœur de l’interpellation. Souvent exclues du circuit bancaire classique, elles comptent sur le FPI. Jean Tshisekedi Kabasele voudrait savoir quels efforts sont entrepris pour faciliter leur accès au financement.
Le DG du Fond pour la Promotion Industrielle devra détailler également partenariats noués avec les institutions publiques et privées pour booster l’industrialisation et la création d’emplois. La jeunesse congolaise, frappée par un chômage massif, est directement concernée.
Question d'améliorer la transparence, l’efficacité et la rapidité dans le traitement des dossiers.
Les opérateurs dénoncent depuis des années des procédures opaques et des délais de plusieurs mois, voire années, avant décaissement.
Le sénateur veut des chiffres. Dans quelle mesure les projets financés par le FPI créent-ils concrètement des emplois et développent-ils les économies locales ? L’institution est sommée de prouver son impact au-delà des annonces.
Enfin, Jean Tshisekedi Kabasele demande au Directeur Général sa vision stratégique pour savoir comment le FPI compte-t-il jouer pleinement son rôle de levier de l’industrialisation et du développement économique ? La question intervient alors que le président Félix Tshisekedi fait de la transformation locale des ressources une priorité de son second mandat.
Cette question écrite relance le débat sur la gouvernance des établissements publics. Le FPI, créé pour financer l’outil de production national, est régulièrement accusé de sous-performance.
La réponse du Directeur Général est désormais attendue par la représentation nationale et les opérateurs économiques. Elle devra clarifier si le Fonds est un véritable moteur industriel ou une simple caisse de crédit parmi d’autres.
Pierre Love Mukendi



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