Comment apprendre aux garçons et aux filles à se respecter, à gérer leurs émotions et à rejeter les violences ? C’est la question au cœur de l’atelier de réflexion tenu du 19 au 22 juin 2026 à Mbanza-Ngungu. Organisé par la Cellule Mixte de la Masculinité Positive, avec l’appui du PNUD et de Rawbank, l’atelier a permis d’intégrer officiellement la « masculinité positive » dans le curriculum scolaire de l’Éducation à la Vie Courante, EDVC.
Et l’ONG Femmes Main dans la Main pour le Développement Intégral, FMMDI, y a joué un rôle moteur.
Réunis dans la cité historique du Kongo-Central, députés, sénateurs, cadres du Ministère du Genre et du Ministère de l’Éducation Nationale, OSC et partenaires techniques se sont penchés sur les programmes et manuels d’EDVC du primaire et du secondaire.
Objectif : trouver où et comment parler de masculinité positive sans surcharger les cours. En groupes de travail, les participants ont :
1. Identifié les points d’ancrage déjà existants dans EDVC pour parler de respect, de consentement, de gestion de la colère.
2. Proposé de nouvelles notions et compétences : communication non violente, déconstruction des stéréotypes « un vrai homme ne pleure pas », partage des tâches domestiques, etc.
3. Harmonisé la feuille de route du processus et élaboré un plan stratégique avec un chronogramme clair : de 2026 à février 2027.
La participation de FMMDI a été remarquée. Mme Laïla Nyashi, Coordinatrice FMMDI/Kinshasa, a modéré les travaux pendant 2 journées et assuré le rôle de rapporteure du Groupe 1. Mme Ivone Mujanyi a, elle, conduit avec efficacité les travaux du Groupe 3.
Leur atout : l’expérience acquise à Matadi en juillet 2025, lors d’un atelier similaire. Cette expertise a permis à FMMDI d’apporter des orientations techniques concrètes et jugées « pertinentes » par les autres participants.
À la clôture le 22 juin, les participants ont formulé la suite :
1. Finaliser et valider les nouveaux contenus intégrés dans EDVC.
2. Former les acteurs : inspecteurs, chefs d’établissement et enseignants aux approches de la masculinité positive.
3. Vulgariser les contenus auprès des parents, élèves et communautés éducatives.
4. Mobiliser les ressources pour appliquer la feuille de route.
5. Mettre en place un mécanisme de suivi-évaluation des progrès réalisés.
Un point a fait consensus : garder FMMDI et les autres OSC impliquées dans toutes les étapes de mise en œuvre. La collaboration entre ministères, partenaires techniques et communautés locales doit rester forte.
Pour FMMDI, il ne s’agit pas d’opposer hommes et femmes. L’idée : éduquer dès l’école des garçons capables d’exprimer leurs émotions sans violence, de respecter l’égalité, de devenir des pères, maris et citoyens responsables. Un levier de transformation sociale durable contre les VBG/EAS/HS en milieu scolaire.
« Par sa participation active et son expertise reconnue, FMMDI réaffirme son engagement en faveur de la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi que de l’intégration de la masculinité positive dans le système éducatif congolais », conclut l’organisation.
La cérémonie de clôture s’est achevée dans une ambiance conviviale, au son de l’hymne national. Prochaine étape : la validation des contenus et la formation des premiers enseignants dès la rentrée 2026.
FMMDI rêve d’un monde où les droits et la dignité de toutes les personnes sont respectés. Avec cette avancée à Mbanza-Ngungu, ce monde s’approche un peu plus des salles de classe congolaises.
Par Pierre Love MUKENDI





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