La majorité parlementaire affine sa stratégie. Ce dimanche, les députés de l’Union sacrée de la Nation se sont réunis à la Galerie La Fontaine, à Kinshasa, autour du secrétaire permanent de la plateforme et du ministre des Relations avec le Parlement. À l’ordre du jour : la motion de défiance déposée contre le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo.
Selon un député ayant pris part à la rencontre, aucun mot d’ordre n’a été donné de manière ouverte. « De manière démocratique nous avons échangé et chacun a avancé ses arguments sur la question de l’insécurité », confie-t-il.
La réunion visait à harmoniser les positions au sein de la majorité avant l’examen de la motion en plénière. Le VPM Shabani Lukoo est visé par plusieurs élus qui l’accusent de mauvaise gestion du dossier sécuritaire, dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité à l’Est et dans plusieurs centres urbains.
Si la famille politique du Chef de l’État s’est concertée, elle renvoie la décision finale à l’Assemblée plénière. « C’est la plénière qui tranchera. Elle devra être convoquée par le bureau mais pas demain parce qu’elle n’est pas inscrite à l’ordre du jour », précise la même source.
Le bureau de l’Assemblée nationale devra donc inscrire l’examen de la motion au calendrier des travaux. D’ici là, les tractations se poursuivent en coulisses entre les groupes parlementaires.
D’après les participants, les discussions de ce dimanche ont largement tourné autour de la situation sécuritaire du pays. Les députés ont passé en revue les griefs portés contre le patron de l’Intérieur : gestion des opérations, coordination avec les gouverneurs, réponse aux violences urbaines, et situation dans les provinces sous état de siège.
La motion de défiance, procédure prévue par la Constitution, peut entraîner la démission d’un membre du gouvernement si elle est adoptée à la majorité absolue des députés.
En évitant un mot d’ordre public, la direction de l’Union sacrée laisse la porte ouverte au débat. La stratégie semble être de ne pas donner l’impression d’étouffer les voix critiques, tout en préservant la cohésion de la majorité face à une initiative qui divise.
Les prochains jours s’annoncent décisifs. L’inscription de la motion à l’ordre du jour de la plénière et le positionnement des principaux groupes politiques donneront le ton de ce bras de fer institutionnel.
Pierre Love Mukendi


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