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dimanche 7 juin 2026

RDC – Affaire Sharp-Catalan : la Haute Cour militaire condamne à mort le colonel Mambweni et ses complices




Neuf ans après l’assassinat des experts des Nations Unies au Kasaï, la justice militaire congolaise vient de franchir une étape décisive. La Haute Cour Militaire a condamné à la peine de mort le colonel Mambweni ainsi que plusieurs de ses coaccusés, reconnus coupables dans le dossier du meurtre de Zaida Catalán et Michael Sharp en mars 2017.


En première instance, en 2022, le colonel Mambweni avait écopé de 10 ans de prison devant la Cour militaire de l’ancien Kasaï-Occidental. Les juges l’avaient retenu pour “non-assistance à personne en danger” et “violation de consignes militaires”, sans établir de participation directe à l’exécution des deux experts.



Le ministère public militaire avait estimé la peine disproportionnée au regard de la gravité des faits. Il a interjeté appel, ouvrant la voie à un réexamen complet du dossier devant la Haute Cour Militaire.


Le procès en appel a repris en octobre 2022 à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa. Pendant plusieurs mois, la cour a auditionné témoins, experts et accusés, cherchant à clarifier la chaîne de commandement et les responsabilités autour de l’embuscade du 12 mars 2017 dans le territoire de Dibaya.


Au terme des débats, la Haute Cour a retenu une qualification plus sévère. Le colonel Mambweni et ses complices ont été condamnés à la peine de mort.



L’affaire Sharp-Catalan reste l’un des procès les plus massifs de l’histoire judiciaire récente de la RDC :


- En janvier 2022, 49 des 54 personnes poursuivies avaient déjà été condamnées à mort :

    - 27 en présence des accusés,

    - 22 par défaut.

- Le groupe d’accusés comprenait des militaires de rang, des chefs coutumiers et des civils soupçonnés d’avoir participé à l’embuscade ou d’avoir couvert les faits.


Zaida Catalán, Suédoise, et Michael Sharp, Américain, enquêtaient pour le Conseil de sécurité de l’ONU sur les exactions commises dans le contexte de l’insurrection Kamwina Nsapu. Leur disparition, puis la diffusion de vidéos de leur exécution, avaient provoqué une onde de choc internationale.


Au-delà du sort des accusés, ce nouveau verdict revêt une portée symbolique. Pour les familles des victimes, la MONUSCO et une partie de l’opinion congolaise, il marque une reconnaissance de la responsabilité des cadres militaires dans les crimes commis pendant la crise du Kasaï.



La RDC applique de fait un moratoire sur les exécutions depuis 2003 : les condamnés à mort voient généralement leur peine commuée en réclusion à perpétuité. La défense du colonel Mambweni pourrait encore introduire un pourvoi en cassation.



Avec ce jugement, l’affaire Sharp-Catalan boucle un long cycle judiciaire, mais elle reste un rappel brutal des violences qui ont secoué le Kasaï entre 2016 et 2018, et de la quête toujours inachevée de vérité pour des milliers de victimes.



La Rédaction 

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