L’interpellation du chef Tshikele, chef coutumier des Bena Kabiye dans le territoire de Dibaya, agite le Kasaï Central. Pour l’acteur socio-politique Élie Mputu Kalumba, alias Kayeke, cette arrestation et les conditions de détention à la prison de Kananga font craindre un dérapage comparable aux heures sombres de l’insurrection Kamuina Nsapu.
Selon Élie Mputu, le chef Tshikele est actuellement détenu dans des conditions difficiles à la prison centrale de Kananga. Ce combattant des droits humains dénonce l’absence de garanties minimales pour un détenu coutumier et appelle les autorités à veiller sur son état.
“On ne règle pas un conflit de famille régnante par l’enfermement dans des conditions indignes. Si rien n’est fait, nous risquons de revivre le cauchemar de Kamuina Nsapu”, alerte-t-il.
Le chef Tshikele est impliqué dans une dispute de pouvoir au sein de la famille régnante des Bena Kabiye. Plusieurs factions s’affrontent autour de la légitimité et de la gestion de l’autorité coutumière. Pour Kayeke, la judiciarisation de ce différend interne est dangereuse :
“L’influence politique ne doit pas peser en faveur d’un camp ou de l’autre. Les règles coutumières doivent être respectées. C’est à la famille, avec l’appui des sages, de trancher selon la tradition.”
Élie Mputu demande aux autorités provinciales et judiciaires de faire preuve de neutralité et de privilégier la médiation. Il rappelle que la crise Kamuina Nsapu, partie d’un conflit coutumier mal géré entre 2016 et 2018, avait entraîné des milliers de morts et déplacés dans la région.
Pour lui, le cas Tshikele doit être traité comme une alerte précoce. Si l’État s’aligne sur une faction ou aggrave les conditions de détention, le risque est de radicaliser les mécontents et de rouvrir une brèche communautaire au Kasaï Central.
En attendant, la société civile de Kananga suit de près l’évolution du dossier, entre exigence de respect de la loi et nécessité de préserver l’équilibre coutumier qui structure encore une grande partie de la vie sociale dans la province.
Par Pierre Love MUKENDI




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