La ministre provinciale de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale du Kasaï Central, Mamie Rose Kamueka Kabuamba, a présenté, jeudi 12 mars dans la salle des réunions de l'hôtel Kapi-b, les résultats de la mission d’évaluation de 72 heures du projet de lutte contre la malnutrition chronique dans les zones de santé de Luiza et Luambo.
Cette restitution est intervenue au cours de la 7ᵉ réunion du comité de pilotage organisée avec les partenaires techniques et financiers PAM et UNICEF, sous le financement du bailleur KOICA.
La rencontre s’est tenue en présence du vice-gouverneur du Kasaï Central, Job Kuyindama Kandende, représentant le chef de l’exécutif provincial, ainsi que de plusieurs partenaires impliqués dans la mise en œuvre du projet.
Prenant la parole devant les participants, Mamie Rose Kamueka Kabuamba a détaillé les objectifs et les résultats de la mission effectuée récemment dans les zones d’intervention.
Elle a expliqué que cette mission visait notamment à évaluer les réalisations du projet, identifier les défis persistants et dégager les priorités pour les derniers mois de mise en œuvre.
Selon elle, l’initiative financée par KOICA et mise en œuvre avec l’appui de l’UNICEF et du PAM repose sur une approche multidimensionnelle destinée à combattre durablement la malnutrition chronique chez les enfants. « La malnutrition chronique n’est pas une maladie qui se soigne par des médicaments. Sa prévention repose sur des interventions majeures durant les mille premiers jours de la vie de l’enfant », a-t-elle expliqué.
Ces interventions s’appuient sur trois piliers essentiels, à savoir la nutrition spécifique, la communication sociale pour le changement de comportement ainsi que la promotion de l’agriculture et du petit élevage au niveau communautaire.
*Des résultats visibles dans les communautés*
Au cours de cette mission d’évaluation, la délégation a constaté une appropriation progressive du projet par les communautés bénéficiaires.
Parmi les impacts relevés figurent la baisse des prix des denrées alimentaires sur les marchés, consécutive à la promotion des champs familiaux et des activités de petit élevage. Selon les données présentées, près de 5 000 ménages participent aujourd’hui à ces initiatives agricoles et nutritionnelles.
Selon le constat que terrain, cette mission a été également riche à l’amélioration des pratiques nutritionnelles et sanitaires, grâce aux campagnes de sensibilisation axées sur le changement de comportement.
Dans le secteur de la santé, plusieurs structures ont bénéficié d’un appui matériel, notamment l’installation de panneaux solaires dans certaines formations sanitaires de la zone de santé de Luambo, contribuant ainsi à améliorer la qualité des services offerts à la population.
À en croire, du côté agricole, les communautés ont reçu divers équipements, dont environ 70 vélos destinés à faciliter les activités de terrain. La distribution de lapins mâles et femelles a également permis de promouvoir le petit élevage afin d’améliorer l’apport en protéines d’origine animale dans l’alimentation des enfants.
*Une amélioration de la situation nutritionnelle*
Selon elle, ces différentes interventions ont contribué à une baisse sensible du taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans dans les zones concernées.
Autre avancée notable : les zones de santé de Luiza et Masuika, autrefois classées parmi les zones à forte surveillance nutritionnelle, ne figurent plus aujourd’hui dans la catégorie des zones en urgence nutritionnelle. Declare t-elle
*Défis et recommandations*
Malgré ces résultats encourageants, certains défis persistent, notamment la rupture des intrants nutritionnels observée depuis décembre 2025, à la suite de la fin du contrat avec l’UNICEF. Une nouvelle contractualisation avec l’UNICEF et le PAM est toutefois prévue au cours du mois de mars afin d’assurer la continuité des activités.
Rose Kamueka Kabuamba a également évoqué la faible communication entre certaines parties prenantes et les services de l’État, recommandant l’organisation de réunions mensuelles de coordination pour améliorer la collaboration.
Par ailleurs, un retard estimé à 17 % dans la construction des forages et des systèmes d’adduction d’eau a été relevé dans certaines aires de santé des zones de Luiza et Luambo.
Vers la pérennisation des acquis
Il est à noter que plusieurs perspectives ont été évoquées, notamment l’extension des interventions à d’autres aires de santé, l’implication des associations féminines dans la mise en œuvre du projet et le renforcement de la sensibilisation communautaire.
Les partenaires ont également salué l’implication du gouvernement provincial, qui accompagne activement les initiatives visant à améliorer la santé et le bien-être des populations du Kasaï Central.
Globalement, les participants ont estimé que le projet de lutte contre la malnutrition chronique a enregistré des résultats encourageants, tout en soulignant la nécessité de consolider les acquis et de poursuivre les efforts pour étendre les interventions à d’autres communautés.
Fiston Bandekele journaliste ✍️


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