Coup de gueule en plénière à l’Assemblée provinciale du Kasaï-Central. Le député provincial Papy-Noël Kanku Kabamba a remis sur la table le dossier de la route Kananga–Demba–Bena Leka, qu’il qualifie d’« axe stratégique à l’abandon ». L’élu de Demba a interpellé le directeur provincial de l’Office des routes, John Badibanga, jeudi 18 juin 2026, sur l’état de délabrement de cette voie vitale pour des milliers de Congolais.
Face aux élus, Papy-Noël Kanku a dressé un tableau sombre de la situation. S’appuyant sur ses multiples descentes de terrain, il dénonce des têtes d’érosion qui gangrènent l’axe, rendant la circulation quasi impossible.
« Le chef-lieu du territoire de Demba n'est situé qu'à 65 kilomètres de la ville de Kananga, mais il faut 3 heures pour y arriver au bord d'un véhicule. La route n'est pas en bon état. Plusieurs têtes d'érosion, à Tshibala par exemple, vous y étiez il n'y a pas longtemps. Vous deviez avoir vécu cette peine », a-t-il lancé au directeur de l’Office des routes.
Le député va plus loin pour illustrer l’absurdité de la situation vers Bena Leka : « Pour arriver à Bena Leka, il y a même un tronçon où c'est possible de faire autant de minutes en train rouler sur le chemin de fer, avec tous les risques, à cause des érosions ayant attaqué la route. Que fait l'Office des routes ?» s’est-il étonné
Si la tonalité est accusatoire, Papy-Noël Kanku reconnaît néanmoins les efforts consentis. Il a salué la construction de deux ouvrages d’art : un pont sur la rivière Katusenga et un autre sur la rivière Muanza Ngoma. « Des infrastructures qui facilitent désormais la mobilité des populations locales », concède-t-il.
L’élu plaide aussi pour que les travaux se poursuivent vers le secteur de Diofwa, autre zone enclavée du territoire.
Pour Papy-Noël Kanku, l’enjeu dépasse la simple question de confort. La réhabilitation de l’axe Kananga–Demba–Bena Leka est, selon lui, « essentielle au développement économique et social du territoire de Demba ». Évacuation des produits agricoles, accès aux soins, mobilité des élèves… tout est paralysé par l’état de la route.
Il appelle donc les autorités provinciales et les services techniques compétents à accélérer les travaux de réhabilitation afin de restaurer la circulation.
L’audition du directeur provincial de l’Office des routes s’inscrit dans le contrôle parlementaire de l’Assemblée provinciale. Reste à savoir si l’interpellation du député de Demba sera suivie d’effets concrets sur le terrain. Les usagers, eux, n’attendent qu’une chose : rouler sans risquer leur vie.
Par Pierre Love MUKENDI



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire