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lundi 1 juin 2026

Kasaï Central : la 31ème CPC en crise depuis 25 ans, les mamans réclament l’arbitrage du gouverneur Kambulu

 





25 ans, c’est trop”. Dimanche, les mamans sages de la 31ème Communauté Presbytérienne au Congo, 31ème CPC, ont lancé un nouvel appel au gouverneur Joseph Moïse Kambulu pour mettre fin à une division qui paralyse leur église depuis 2001. Réunies en assemblée extraordinaire à Kananga, elles misent sur la mémoire de 2013 et sur la loi pour obtenir une intervention de l’État.



Ce n’est pas la première fois que les mamans de la 31ème CPC frappent à la porte du gouvernorat. En 2013, elles avaient déjà alerté le gouverneur de l’époque, Alex Kande, face à l’enlisement du conflit interne.  

À l’époque, Kande avait répondu en convoquant les deux camps autour d’une même table. La médiation avait permis une accalmie, même si elle ne s’est pas traduite par une réconciliation durable.


Treize ans plus tard, les mamans demandent à Joseph Moïse Kambulu de reproduire ce geste. “Il peut enterrer définitivement la hache de guerre”, affirment-elles, en espérant que l’actuel gouverneur s’inspire de l’exemple de son prédécesseur.



La loi n°004/2001 comme fondement juridique

L’argumentaire des mamans ne repose pas seulement sur l’appel à la paix. Elles brandissent la loi n°004/2001, qui confère à l’État la responsabilité de garantir la paix et l’ordre public.  

Pour elles, le gouverneur, en tant que représentant de l’État en province, dispose de toute la légitimité pour intervenir, réunir les factions et imposer un processus de réconciliation au sein de la 31ème CPC.


Le ton est ferme à l’endroit de ceux qui freinent la démarche : “Bloquer la paix, c’est s’opposer à la loi, à l’intérêt de la communauté et à la volonté de Dieu”.


La 31ème CPC est l’une des communautés presbytériennes les plus anciennes du Kasaï Central. Mais depuis 2001, la division interne a grippé ses rouages :  

- Sur le plan spirituel : cultes perturbés, tensions entre paroisses, fidèles désorientés.  

- Sur le plan social : écoles, centres de santé et œuvres caritatives tournent au ralenti, faute d’un leadership uni et d’une gestion apaisée.


Les mamans, souvent en première ligne dans l’encadrement des familles et la gestion des activités de base, disent payer le plus lourd tribut à cette crise. “Nos enfants, nos malades, nos orphelins subissent les conséquences de nos querelles”, confie une participante à l’assemblée.



Pour l’heure, le gouverneur Joseph Moïse Kambulu n’a pas encore réagi publiquement à la sollicitation. Les mamans disent attendre un geste fort, à l’image de celui posé par Alex Kande en 2013 : convoquer les protagonistes, imposer le dialogue, et poser les jalons d’un accord.



Si l’intervention a lieu, elle pourrait marquer un tournant pour la 31ème CPC, qui aspire à retrouver son rôle dans l’éducation, la santé et la vie spirituelle du Kasaï Central. À défaut, la crise risque de s’enliser encore, au détriment d’une communauté qui revendique 25 ans de division comme 25 ans de trop.




Par SOLEIL NTUMBA MUFIKA

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