Reçu ce vendredi dans une émission à Kinshasa, Emmanuel Iza Kabukapu wa Kasende, coordonnateur de la Société Civile du Peuple, a livré son analyse sur trois dossiers qui font l’actualité au niveau national et provincial. Au cœur de son intervention : la suspension du coordonnateur du BCECO, le débat sur la révision constitutionnelle et la vente illégale des biens de l’État au Kasaï-Central.
Revenant sur la suspension préventive de Jean Mabi Mulumba, coordonnateur du Bureau Central de Coordination, Emmanuel Iza Kabukapu estime que le dossier mérite une attention présidentielle.
Selon lui, les enquêtes menées par l’Inspection Générale des Finances ont blanchi le directeur général du BCECO. Il juge donc anormal que la procédure administrative continue de peser sur l’intéressé et demande au président de la République de « suivre ce dossier de près » pour éviter un blocage injustifié des activités de l’institution.
« Quand une institution comme l’IGF rend ses conclusions, il faut en tirer les conséquences rapidement. Laisser un cadre en situation d’incertitude nuit à la gouvernance », a-t-il déclaré.
Sur la question sensible du changement ou de la modification de la Constitution, le coordonnateur de la Société Civile du Peuple adopte une position attentiste. Il dit attendre d’en comprendre le contenu et les motivations profondes avant de se prononcer.
Pour cela, il annonce une rencontre prochaine avec le professeur André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la nation.
« Il faut d’abord saisir le fond du débat. La Constitution est la loi fondamentale du pays. Une décision sur ce sujet ne peut se prendre à la légère », a-t-il insisté.
Emmanuel Iza Kabukapu prévient que toute démarche visant à réviser la loi fondamentale doit être précédée d’un débat public large et transparent.
Le troisième point abordé concerne la spoliation des terrains et maisons appartenant à l’État dans la province du Kasaï-Central. Le coordonnateur dénonce une pratique qui, selon lui, prive la province d’infrastructures essentielles et alimente l’impunité.
Il demande qu’une mission officielle soit dépêchée à Kananga pour procéder à un inventaire exhaustif des parcelles et bâtiments publics vendus illégalement à des tiers. L’objectif est d’identifier les responsables, récupérer les biens de l’État et prévenir de nouvelles cessions irrégulières.
«Sans un état des lieux rigoureux, il sera impossible de mettre fin à ce phénomène. L’État doit reprendre le contrôle de son patrimoine», a-t-il martelé.
À travers ces trois dossiers, Emmanuel Iza Kabukapu réaffirme le rôle de veille de la Société Civile du Peuple. Il place son intervention sous le signe de la transparence, de la redevabilité et de la défense de l’intérêt public, tant à Kinshasa qu’au Kasaï-Central.
Pour lui, ces questions touchent directement à la confiance des citoyens envers les institutions et nécessitent des réponses claires et rapides de la part des autorités compétentes.
Par Pierre Love Mukendi




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