À la suite de plusieurs décès causés par la foudre dans la province du Kasaï-Central, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), coordination territoriale de Demba, appelle les autorités congolaises à adopter un cadre légal spécifique afin de mieux protéger les populations contre ce phénomène naturel.
Dans un plaidoyer adressé au Président de la République, au Parlement, au Gouvernement central, au Gouverneur du Kasaï-Central ainsi qu'aux autorités provinciales et locales, la NSCC estime que la foudre constitue un risque majeur encore insuffisamment pris en compte dans les politiques publiques.
Un drame à l'origine du plaidoyer
Selon le document, le récent épisode survenu le 25 juillet 2026 a particulièrement renforcé cette démarche.
La NSCC fait état du décès de cinq personnes dans le village de Mabuabua, secteur de Tshibungu, territoire de Demba, parmi lesquelles deux enfants, un homme et deux femmes enceintes. Le plaidoyer évoque également le décès d'une femme calcinée à Tshimbulu, dans le territoire de Dibaya.
L'organisation rappelle que chaque année, des dizaines de Congolais perdent la vie après avoir été frappés par la foudre, touchant notamment des élèves, des travailleurs et des habitants dans leurs domiciles.
La NSCC identifie quatre principales faiblesses dans la gestion de ce type de catastrophe.
La première concerne l'absence d'un cadre juridique organisant l'assistance aux victimes.
Selon elle, les familles assument seules les frais médicaux, funéraires et les conséquences psychologiques de ces drames.
La deuxième porte sur le manque de mesures préventives.
L'organisation affirme que la grande majorité des écoles, centres de santé, marchés, bâtiments administratifs et habitations ne disposent pas de paratonnerres.
Elle dénonce également la persistance de la stigmatisation sociale.
Dans certaines communautés, les victimes de la foudre ou leurs proches seraient encore accusés de sorcellerie, entraînant exclusion et marginalisation.
Enfin, la NSCC regrette l'absence d'une politique nationale structurée de gestion de ce risque, les interventions reposant principalement sur les familles et quelques organisations humanitaires.
Pour répondre à ces défis, la NSCC propose l'adoption d'un édit provincial portant protection des personnes et des biens contre les effets de la foudre.
Le texte suggère notamment la reconnaissance de la foudre comme un sinistre ouvrant droit à une assistance publique ainsi que la création d'un Fonds national de solidarité destiné à couvrir les soins médicaux, les frais funéraires et l'accompagnement psychosocial des victimes.
L'organisation recommande également de rendre obligatoire l'installation de paratonnerres dans les établissements scolaires, les structures sanitaires, les marchés et les bâtiments publics, tout en intégrant la prévention des risques liés à la foudre dans les programmes scolaires.
Par ailleurs, elle demande le renforcement de la lutte contre la stigmatisation à travers des campagnes de sensibilisation scientifique et des sanctions contre les accusations infondées de sorcellerie visant les victimes.
La NSCC appelle les députés et sénateurs à traduire ces préoccupations en dispositions légales afin de mieux protéger les populations.
L'organisation estime que la prévention, l'assistance aux victimes et la sensibilisation constituent des leviers essentiels pour réduire les pertes humaines liées à la foudre en République démocratique du Congo.
Le plaidoyer est signé par Marcel Masanka Kabalu, Coordonnateur territorial de la NSCC à Demba, et adressé aux principales institutions nationales, provinciales et locales concernées.
✍️ Samy Wetunganyi


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