Avocat, administrateur, dirigeant sportif. Maître Emmanuel Muanza a un seul fil conducteur : le sport. Nommé ministre provincial des Sports et Loisirs du Kasaï-Central, il incarne le retour d’un "enfant du ballon" à la tête du secteur.
Emmanuel Muanza n’est pas un technocrate parachuté. Il vient du gazon.
Il a été secrétaire général du club doyen de la ville, AS SAINTLUC. À ce poste, il a appris à gérer un vestiaire, à négocier des déplacements et à défendre les intérêts d’une équipe dans les coulisses.
Élu secrétaire adjoint honoraire, il a touché du doigt la gestion administrative des compétitions, des calendriers et des litiges. Il connaît donc les deux côtés : le club et l’instance.
En dehors du stade, Maître Muanza s’est forgé une solide carrière.
Avocat inscrit au barreau de Kananga, il apporte la rigueur juridique.
Cadre de référence à plusieurs reprises dans l’administration provinciale, il connaît les rouages de l’État, le montage des dossiers et la gestion publique.
Ce double profil "terrain + administration" est rare et précieux pour piloter un ministère.
Son amour pour la jeunesse ne date pas d’aujourd’hui.
En 2015, il a initié et organisé "Couleur Afrique", un tournoi de détection des jeunes talents à Kananga. L’idée était simple : offrir une vitrine aux jeunes footballeurs du Kasaï-Central trop souvent oubliés par les recruteurs.
Ce tournoi l’a installé comme un acteur crédible de la formation.
Dans son entourage, on retient 4 grandes priorités pour les mois à venir :
1. Remettre de l’ordre et de la discipline:
Structurer les ligues, ententes et associations. Finir avec l’amateurisme dans la gestion. Un club bien organisé, c’est un club qui attire des partenaires.
2. Réhabiliter et construire des infrastructures:
Stades, terrains de proximité, salles omnisports. Sans infrastructures dignes, pas de champions. Dossier prioritaire : la réfection des installations de Kananga.
3. Lancer une vraie politique de détection et d’accompagnement:
S’inspirer de "Couleur Afrique" mais à l’échelle provinciale. Créer des centres de formation, encadrer les jeunes talents et les aider à signer dans des clubs professionnels.
4. Diversifier le sport:
Sortir de la dictature du football. Mettre en lumière le basket, l’athlétisme, la boxe, le handball. Le sport doit être pour tous.
Pour les sportifs du Kasaï-Central, la nomination de Maître Muanza est un signal fort. C’est la preuve que l’expérience du terrain paie.
Comme le résume un président de club : "Le sport au Kasaï Central trouve enfin son vrai patron. Quelqu’un qui a porté un maillot, tenu un stylo et un dossier administratif."
Avec lui, l’espoir renaît : celui de voir le Kasaï-Central redevenir une pépinière de champions.
PIERRE LOVE MUKENDI




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