Parler de ménopause sans tabou. C’est le pari réussi ce mardi à la Cathédrale du Centenaire, où le Réseau des femmes ménopausées d’Afrique et les mamans de l’Église du Christ au Congo ont tenu une séance de sensibilisation majeure sur cette étape clé de la vie des femmes.
La coordination nationale du Réseau des femmes ménopausées d’Afrique, conduite par Mme Hélène Bukumba, a répondu présente à l’invitation des mamans de l’ECC. Objectif : informer, dédramatiser et accompagner.
Devant une salle comble, les intervenantes ont abordé sans détour les réalités de la ménopause. Bouffées de chaleur, troubles du sommeil, sautes d’humeur, ostéoporose, risques cardiovasculaires… mais aussi les défis sociaux et psychologiques : regard des autres, perte d’estime de soi, isolement. Des sujets trop souvent tus dans les familles et les communautés.
Temps fort de la matinée : l’exposé de la fondatrice Bijoux Moembo. Pédagogie, chiffres, conseils pratiques. Elle a décortiqué les différentes facettes de la ménopause – pré-ménopause, ménopause, post-ménopause – et insisté sur un point : « Ce n’est pas une maladie, c’est une transition naturelle. Mais elle doit être accompagnée médicalement et socialement ».
Elle a plaidé pour un meilleur accès au dépistage, au traitement hormonal substitutif quand nécessaire, au suivi nutritionnel et au soutien psychologique.
Au-delà de la sensibilisation, la rencontre avait un but politique. Les organisateurs ont lancé un appel clair : intégrer la prise en charge de la femme ménopausée dans les politiques de santé publique en RDC.
« On parle de santé maternelle, de planning familial. Mais après 50 ans, la femme disparaît des radars. C’est une injustice sanitaire », a martelé une participante.
Le Réseau des femmes ménopausées d’Afrique demande des consultations dédiées dans les centres de santé, la formation du personnel médical et des campagnes nationales d’information pour briser la marginalisation.
Cette initiative s’inscrit dans un plaidoyer plus large : faire de la santé féminine une approche inclusive, de la puberté à la post-ménopause. En investissant la Cathédrale du Centenaire, lieu symbolique de l’ECC, les organisateurs veulent toucher les communautés à la base et changer les mentalités.
Pour Mme Hélène Bukumba, « garantir dignité, bien-être et suivi médical adapté aux femmes ménopausées, c’est reconnaître leur place entière dans la société ».
La ménopause sort du silence à Kinshasa. Reste à transformer la parole en actes dans tout le pays.
La Rédaction



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